A redécouvrir : la surprise … du chef

La fin du 1er trimestre vient encore généralement conclure la période des entretiens annuels.

Certains en parlent comme « d’entretiens d’évaluation« , d’autres y voient plutôt un « entretien d’appréciation« , d’autres, enfin, un « point d’étape« .

D’autres « plus rien du tout » parce qu’ils auront été sacrifiés sur l’autel de la modernité managériale.

Pour beaucoup cela reste en tous cas un temps fort, et l’occasion d’un vrai point avec son responsable hiérarchique, autrement dit son patron, son boss, son chef, son responsable, son N+1.

L’occasion d’obtenir ce précieux feedback, qui nous le savons bien est essentiel pour bien des collaborateurs : « performing in jobs with no feedback is like bowling on an alley that has a screen in front of the pins. There is room for the ball to go underneath, but bowling that way, you would never know how well you performed, and you would soon lose interest« . (B Schneider, Winning the service game).

Vous avez dit obtenir un retour, un feedback de votre patron ?

Avant de lui déclarer de manière totalement désintéressée votre flamme (pas votre flegme), votre admiration sans bornes (le chef est toujours par principe « vénéré et adoré »), il va toutefois vous falloir faire preuve de sagacité voire de perspicacité.

Car l’expression « voit ça avec le patron » n’a sans doute plus la simplicité d’antan, il va falloir vous y faire. Cette semaine, « je vous en fiche mon billet » 🙂

Alors, qui est au final votre véritable patron ?

 

Mon véritable N+1 : le client ?

CLIENT

« Le client est roi » (le Roi est le chef), « le client a toujours raison« , « le client nous fait vivre« .

J’entends parler régulièrement du client comme notre véritable patron, celui pour qui nous sommes prêts à tout, celui à qui nous rendons des comptes. Celui que nous courtisons ou craignons selon les circonstances, celui dont nous mesurons en temps réel -à raison- le niveau de satisfaction.

Ce client seul décideur, juge de paix, arbitre entre concurrents. C’est un fait avéré, seuls ses achats rendent possibles le paiement de nos salaires !

Peu importe que vous l’appeliez client, usager, abonné, sociétaire, patient, administré ou consommateur…

(notez en passant, je ne m’en lasse jamais, que beaucoup d’entreprises semblent éviter à tout prix d’avoir des C.L.I.E.N.T.S.)

Tout ceci est plein de bon sens mais ne nous fait que progresser dans notre enquête.

Mon N+1 opérationnel ?

keep-calm-im-the-boss

Une évidence me direz-vous, c’est celui qui évalue mes compétences et ma performance.

De nombreuses fonctions sont rattachées au Directeur Général de l’entité et de l’organisation pour laquelle vous travaillez.

Avec ses déclinaisons hiérarchiques en strates successives : directeur de filiale, patron de division, responsable d’exploitation, responsable régional, directeur d’établissement, chef de service…

Pourtant, il semble bien n’être qu’un décideur parmi d’autres.

 

Mon N+1 fonctionnel ?

"100% Expert" Cachet (bleu)

C’est, pour de très nombreux postes, une appellation qui désigne le référent expert dans son domaine, avec une vision Groupe ou Corporate. Un DRH Groupe, un Directeur Financier Groupe, un Directeur Commercial ou Marketing à l’échelon central etc…

Son regard vient compléter celui de votre patron opérationnel.

Puissent d’ailleurs leurs visions être convergentes, et puisse votre ‘toucher de balle’ relationnel vous avoir conduit à ménager la chèvre et le chou, sans jamais froisser ni l’un ni l’autre qui ne poursuivent pourtant pas toujours les mêmes objectifs ! Hélas. Vous voilà dans de beaux draps, entre le marteau et l’enclume (je ne précise pas, notez bien, qui fait quoi dans cette drôle d’affaire).

Mais halte là, car vous n’êtes pas encore tiré d’affaire…

 

Les responsables des groupes projets auxquels je participe ?

PROJET

Il semblerait bien que vous concernant, tout le monde ait son mot à dire !

Transversalité oblige, vous prenez part à mille et un projets. En plus de votre job.

Vous avez également hérité dans bien des cas du rôle de « correspondant ceci », « référent cela ». C’est par exemple le Monsieur Sécurité, le Monsieur Hygiène, en déclinaison masculine ou en version féminine.

A ce titre aussi vous devez rendre des comptes lors de votre entretien annuel.

 

L’équipe RH ?

Closeup of businessman arranging chess figures pawns. Concept of human resources.

En matière de résultats, il y a le ‘quoi’, et le ‘comment’.

Le ‘comment’, les comportements mis en oeuvre, l’adéquation avec les valeurs de l’entreprise, c’est précisément ce qui intéresse votre DRH ou votre responsable RH de proximité (ou votre ‘gestionnaire de carrière’, si si, cela existe encore).

Souvent, le RH joue le rôle du ‘fou du roi’. Sans être dans votre ligne hiérarchique, il va valider votre potentiel d’évolution, vous inscrire avec à-propos dans tel ou tel plan de succession, parfois même défendre votre cause.

En un mot, son avis compte.

 

Pour vous repérer : le bureau du patron ?

Hôtel de Rochechouart pour la plaquette d'information publiée à l'occasion des journées du patrimoine, au ministère, le vendredi 31 juillet 2009 - ©Philippe Devernay

Toute bonne enquête, comme celle-ci (qui est mon boss.com) devrait pouvoir s’appuyer sur des indices matériels.

Alors que je débutais dans la vie active, un commercial très expérimenté me tira par la manche puis me glissa à l’oreille très sérieusement : « le vendeur itinérant se repère au bronzage plus prononcé de son bras gauche (il conduit), et son « directeur régional » ou « inspecteur commercial » se distingue par celui de son bras droit (il se fait conduire)« . Bien vu, mais c’était avant la climatisation…

Taille et matière du bureau (je n’ai pas dit coût de la rénovation ou de l’aménagement), nombre de fenêtres, moelleux du fauteuil, épaisseur de la moquette, étage occupé… jusqu’à il y a peu, on pouvait encore se fier à ces autres ‘signes extérieurs de richesse’.

D’où la fameuse expression « chef-lieu« … pardon, je m’égare.

Sauf que désormais, le management se fait à distance, les centres d’affaires ont remplacé en partie les sièges sociaux et les coûteuses immobilisations immobilières. On voit aussi des Directeurs Associés s’installer dans un coin de l’openspace commun.

Au final il semblerait bien, comme le suggère l’entretien à 360 degrés, qu’un petit cercle restreint de décideurs ait remplacé le patron unique d’hier.

Le patron, ce modèle ?

PATRON

Dans tous les cas, pour les uns, le patron reste celui qui guide et inspire, fait grandir. C’est le patron modèle, au sens littéral du terme. Certains feront ainsi le choix de le suivre dans différentes entreprises.

Pour d’autres, le patron c’est celui qu’il convient de détester gentiment ou de pointer du doigt. C’est le patron omnipotent.

Pour d’autres enfin, c’est un idéal de vie : devenir son propre patron, se mettre à son compte, entreprendre. Rouler sa bosse après avoir roulé son boss 🙂

Je vous vois ici opiner du chef…

Bons entretiens annuels d’appréciation.

Méfiez vous de ces quelques rares chefs radioactifs (le chef à ions…).

Et, surtout, bonne semaine à toutes et à tous,

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